Éditions

La place de la revue dans la création littéraire

La revue est un espace de fertilité qui participe à la lisibilité des auteurs connus ou non... En s’ouvrant à l’art contemporain, elle permet de ne plus se référer uniquement à la littérature du passé.

La revue, c’est aussi un lieu de partage, partage de création et de savoir. Le panorama de la poésie contemporaine est actuellement fondé sur quelques mouvements souvent assez fermés les uns aux autres, voire exclusifs. Le rôle de la revue dans l’horizon culturel, c’est peut-être justement de s’éloigner de ces querelles, de ces poncifs et de pratiquer l’ouverture. Que la revue soit un lieu d’échange où différents courants peuvent se rencontrer.

La revue serait donc un lieu ouvert à toute forme de poésie pourvu qu’elle soit exigeante, loin des sectarismes ou de coteries. En ce qui concerne Nu(e), nous n’avons pas tendance au manifeste, il n’existe pas qu’un seul courant mais plutôt le souci de faire entendre la mélodie de tout un orchestre polyphonique de voix.

La revue n’est pas là non plus pour faire des recensions négatives, polémiques, ou du journalisme ou enfin pour détruire des livres mais au contraire pour faire lire et pour encourager des auteurs.

Ce rôle d’ouverture se joue aussi dans le rapport avec d’autres cultures, d’autres langues, ainsi il semble important d’avoir des correspondants dans d’autres pays et de publier des traductions d’auteurs étrangers.
L’échange peut se pratiquer également avec d’autres formes d’expression, l’art plastique et la publication de peintres, de graveurs au côté des poètes. La revue joue alors aussi un rôle esthétique.

L’ouverture c’est enfin une certaine vocation de découverte. A côté de poètes connus figurent des écrivains n’ayant jamais encore publié. La revue permet parfois de repérer des auteurs, c’est une sorte de galop d’essai qui permet de faire découvrir des voix jeunes, des voix nouvelles, c’est une des vitalités essentielles de la revue.

Privilégier également les minoritaires, faire connaître le rôle de la femme dans la poésie, donner une parole à des gens peu ou mal entendus. Elle assume un rôle de sauvegarde par rapport à certains textes, plus particulièrement de textes d’auteurs n’ayant jamais publié ailleurs. Parfois elle donne à lire des textes difficilement trouvables.
Même lorsque la revue publie de « grands auteurs » ou des auteurs déjà presque classiques, elle leur laisse un espace différent de celui de la grande édition. Elle leur permet ainsi de dire un certain nombre de choses différemment. Elle leur permet de dire des choses qu’ils n’avaient pas dites ailleurs, et de « baisser la garde » d’une certaine façon.
De se retrouver dans un autre contexte à côté d’autres auteurs, d’auteurs jeunes peu connus. Pour les jeunes auteurs cela permet de se confronter à des maîtres.

La Revue a le rôle d’un laboratoire, là où s’expérimente, se fabrique la poésie, elle a quelque chose d’artisanal. Elle donne envie d’écrire et entraîne dans un processus de création.

Elle assume également un rôle d’animation, invitation de poètes contemporains, elle permet des lectures, des expos d’artistes, des dialogues, des rencontres et s’ouvre aussi sur la Cité

Elle est présente sur les festivals du livre, joue un rôle d’animation dans les milieux scolaires et universitaires, les bibliothèques municipales et établit des relations avec d’autres centres culturels et poétiques

La revue permet d’articuler les écritures d’aujourd’hui. Ce n’est pas une anthologie, c’est un espace, un lieu qui dans une certaine mesure, prend son parti de l’hétérogène, de la diversité qui recueille différentes approches poétiques puis les rassemble. Dans cette mise ensemble il y a une volonté de décloisonner, de mêler et de rapprocher, de faire se croiser, de faire se rapprocher les individus qui se trouvaient cloisonnés, chacun dans son univers.

La Revue consiste en une autre approche de l’édition qui n’est pas celle des grandes éditions. La revue ne répond pas à la même éthique, c’est un lieu de travail, un lieu de correspondance, un lieu où tout le monde est à égalité, il n’y a pas de sur- auteur.