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Présentation de la revue

Pourquoi NU(e) ?

En choisissant ce titre de Nu(e), nous désirions marquer notre volonté d’aller vers la nudité, l’essentiel, une sobriété exigeante.

C’est Kenneth White qui écrit : « Eduquez vous en nudité. Orphée était nu sur une pierre » Cette volonté de dénuement de dévoilement guide toute notre démarche. Dépouillement de tous les voiles, voiles des chapelles poétiques, du formalisme, du commentarisme. Le titre marque donc cette volonté d’aller au-delà de tous les déguisements.
Le e entre parenthèses est une façon de souligner la présence féminine dans la poésie contemporaine.

Pour nous une revue est un lieu de partage, partage de création et de savoir. Le panorama de la poésie contemporaine est parfois fondé sur des exclusions. Le rôle de la revue nous semble plutôt résider dans l’ouverture et l’échange. De ce fait dans Nu(e) nous n’avons pas tendance aux manifestes, des courants très divers se côtoient sans jamais s’exclure, notre souci étant de faire entendre la mélodie de tout un orchestre polyphonique de voix.
La revue recueille des approches poétiques différentes puis les réunit. Dans cette mise ensemble il y a une volonté de décloisonner, de mêler, de rapprocher, de faire se croiser, de passer d’une forme à une autre, d’une voix à une autre.

Ce rôle d’ouverture est également présent dans notre relation à d’autres cultures, à d’autres langues. Nous avons des correspondants et des abonnés dans plusieurs pays étrangers et nous essayons de publier le plus souvent possible des traductions avec le texte original en vis-à-vis.

A côté de la poésie, l’art plastique est également présent et nous travaillons toujours en collaboration avec des peintres, des graveurs ou des photographes.
L’ouverture c’est aussi une certaine vocation de découverte. Nu(e) permet une sorte de galop d’essai et elle fait découvrir des voix nouvelles.
Nu(e) est également occasion pour les grands auteurs de se confier, de baisser la garde. D’ailleurs même lorsque Nu(e) publie des auteurs déjà presque « classiques », elle leur laisse un espace différent de la grande édition et leur permet de s’exprimer d’une autre manière.

Nu(e) a donc le rôle d’un laboratoire, elle a quelque chose d’artisanal, c’est un lieu où s’expérimente la poésie.
C’est aussi un lieu de travail, de correspondance, un lieu où tout le monde est à égalité, c’est le lieu de l’exercice de l’amitié au sens où l’entend Blanchot.