À propos du numéro
Danseurs — Isabelle Raviolo
Série grise — Stello Bonhomme
extrait
(…)Jacques Borel, mais notre cendre était déjà un seuil.Et la neige d’hier autour des citadelles, comme avec du sel, efface et trace toute une géométrie de lignes, pistes fines et chemins ocres dans l’ocre franciscain que nous n’y avions pas vue.
Daniel Aranjo
« je gagnai, je perdis, je jetai tout dans la main de Personne »de ce jour, de ce jour même, où la missive étonnante atteignit mon cœur, moi aussi j’ai tout jeté par dessus bord, d’abord les colliers de perles faussesmais avant toute chose, c’est ma confiance, mon secret que j’ai jetésdans ta mainmaintenant que nous avons tout perdu, est-il possible de trouverle lieu véridique, le véritable amour
Martine Broda
Toiqui cherches un lieuà la rencontre de l’autreétranger comme toiÀ la rencontrede tous les autres étrangerscar c’est bien ce que nous sommesétrangers l’un pour l’autreet c’est en cela que nous sommes mêmesenfants femmes hommesToi qui cherches entre terre et mondeun lieupour que de nos étrangetésentre là-bas et là-basun ici soit vivablehumainementpartoutailleursnulle particiToi qui n’existesque dans l’ombre du mondetoi qui visdans les ténèbres de ce monde aveuglanttoi qui visdans le mutisme de ce monde assourdissantToi tu es le braseroToi tu es la résonanceToi(…)
Jean-Louis Clarac
Mobiles, insaisissables, les ombres d’une flamme ou les dessins d’une vague, les poèmes.
Ne pas décider que ces quelques lignes que l’on vient d’ébaucher aboutissent à un poème : qu’elles deviennent ce qu’elles doivent être, elles nous en sauront gré.
Ne nous inquiétons pas du terme, il est constamment provisoire : de vers en vers nous en avons la preuve, et quand nous arrivons à celui qui se présente comme le dernier, dans le suspens l’essor se régénère. Il en va ainsi de poème en poème, de jour en jour.
Pierre Dhainaut
La fenêtre barrait le jour
J’attendais à la demeure
Les arbres pliaient la charge qu’imposait
au vent le retour de l’été
Marchais-tu à rochers perdus
L’heure cachait la fuite du présent
Des cercles enlacés dessinaient
D’immenses éclaboussures
Tu chevauchais l’anneau du ciel
L’orbe terrestre s’enroulait
Nos corps séparés infléchissaient la lumièreRégis Lefort
je dis ce que je vois
la porteuse de peau claire
au buisson des ardents
et même si le rouge-gorge
est en haillons
peindre n’a pas de limites
car le peintre a un prochain dans la lumièreMarcel Migozzi
accueillir ce déploiement des formesdéplier à l’envi les ailes des oiseaux prisonniers de l’hiverfrémissement des feuilles sous le ventgoûter lèvres de sel saveur d’orage sur la languesouvenir défunt d’un passé inventémémoire folle qui délie ses tours ses creux de rocheslavés des larmes de l’oubli.
Angèle Paoli
Lorsque l’enfant était enfantUn crayon et une gommeLui suffisaient
Lorsque l’enfant était enfantIl savait d’un traitEnchanter le papier
Lorsque l’enfant était enfantIl disait s’il te plaîtDessine-moi un corps.
Isabelle Raviolo
À ceux qui continuent de compter les étoilessur leurs doigts,que peut-on souhaitersinon,beau songe,la nuit entière vers l’envol,qu’un jour ils réussissentà compter leurs doigts dans les étoiles ?
Dominique Sorrente, « Un vœu avec la main »
On aimeraitvoler marcher sur la mersuivre les voies de la lumièrequi scintille sur l’eau
Arnaud Beaujeu
Prix : 20,00 € + port : 4,00 €
Vous pouvez également payer par chèque.
