Courbe de calligraphie silencieuse, Mélis éditions, 2006.
Sur la trace légère de quelques oiseaux
Un passage comme si de rien n’était
Et voilà que je me remets à pénétrer les mots de la vie
Un soleil sur la nappe rouge
Des toits sur la mousse
Et la pompe au milieu de la cour
Ne ramenant plus d’eau
Mais la source est toujours présente
Avec l’eau claire que l’on aperçoit
A travers la fente des pierres
Je n’ai pas attendu que tu viennes
Je croyais que c’était le temps de ma nuit
Et puis tu as trié le ciel
Sur la trace légère de quelques oiseaux
Il y a toujours ce noir profond
Quelque chose qui ne fait que grandir
Dans la simplicité des pierres
Greniers de l’enfance
L’odeur de poussière
La paille restée chaude
Comme déposée par le blé
Il reste cette belle odeur des greniers
Et toutes ces choses offertes
Qui n’ont plus lieu
Simplicité de la pierre
Maintenant ce qui reste
Après avoir tenu le ciel
Dans nos mains nues
C’est juste ce que j’aime
Les chemins de traverse
Les garennes, les pierres pleines
Le liséré de lumière posé
Sur la pierre émaillée
D’éclats de briques
Passe entre les persiennes
Tiré comme à la corde
le trait de lumière
Eclaire la pierre
Au cœur de la main du monde
Tu restes planant
Dans la minceur désirante
D’une ardeur
Tu restes
Dans l’odeur bronzée des lignages
Sur le bois compté
Des arbres pris
Dans la terre
Des choses simples
Ton amour au fil du temps
Et cette sueur imprègne le tissu
A hauteur de ta poitrine
Avec la forme d’un cœur

